Pourquoi je bâtis mon prochain outil en local

On nous a menti sur le Cloud.

Pendant une décennie, on nous a fait croire que la centralisation était le seul prix à payer pour l'intelligence. Que pour bénéficier d'une application capable de comprendre nos intentions, d'organiser nos vies ou de stimuler notre créativité, il fallait accepter de vivre dans un bocal de verre. On nous a vendu la commodité contre notre intimité, en affirmant que nos données étaient plus "en sécurité" ou mieux traitées sur les serveurs de quelqu'un d'autre.

Je refuse cette fatalité. Aujourd'hui, je lance un nouveau projet. Ce n'est pas juste une application de plus sur un marché déjà saturé par des clones dopés aux API de la Silicon Valley. C'est une démarche à la fois politique et technique : celle de reprendre le contrôle.

Le bocal de verre : Le contexte de la centralisation

Le problème actuel est systémique. La plupart des outils "intelligents" que nous utilisons ne sont que des terminaux passifs. Ils capturent nos pensées, nos habitudes et nos rituels pour les envoyer dans un nuage opaque. Cette dépendance crée une vulnérabilité : si le service ferme, l'outil meurt. Si la connexion coupe, l'intelligence disparaît. Si les conditions d'utilisation changent, votre vie privée s'évapore.

Cette architecture n'est pas une nécessité technique, c'est un choix économique. La centralisation facilite la monétisation et la surveillance. Mais aujourd'hui, la puissance de calcul de nos smartphones et les progrès fulgurants des modèles de langage permettent de briser ces chaînes.

La démarche : Build in Public

Je ne vais pas m'enfermer pendant six mois pour sortir un produit fini, poli et verrouillé. Fidèle à mes réflexions précédentes sur la conception d'applications pérennes, je vais documenter chaque étape de ce développement ici même.

Le "Build in Public" n'est pas qu'un mot à la mode, c'est une garantie de transparence. Je partagerai mes succès et mes doutes techniques :

  • Pourquoi Gemma 3 ? Comment faire tourner ce modèle de Google sur un smartphone sans sacrifier la batterie ?
  • La synchronisation sans Internet : Comment assurer la continuité entre deux appareils sans passer par un serveur tiers ?
  • Le design apaisant : Comment concevoir une interface qui respecte l'attention au lieu de l'exciter par des notifications incessantes ?

Le Manifeste : Trois piliers pour un outil-objet

Mon prochain projet repose sur une philosophie simple, une vision de ce que devrait être la technologie en 2025 :

  1. Le silence par défaut : L'outil doit être un compagnon, pas un harceleur. Il ne doit pas réclamer votre attention, mais être là, disponible, quand vous décidez de l'utiliser.
  2. L'IA comme prolongement, pas comme espion : Le traitement local change tout. Votre téléphone devient votre cerveau auxiliaire, totalement étanche. Ce qui est pensé dans l'outil reste dans l'outil.
  3. Le retour à l'outil-objet : Comme un beau carnet de notes ou une montre mécanique, l'outil vous appartient. Pas de compte obligatoire, pas d'abonnement récurrent, pas de fin de service programmée. C'est un logiciel que vous possédez, pas que vous louez.

Ce qui arrive : Flutter et haute performance

Dans les prochains jours, je vous partagerai les premières briques de cette architecture. Nous entrerons dans le vif du sujet technique. Nous parlerons de Flutter pour l'interface, de bases de données locales haute performance capables de gérer des milliers d'entrées sans latence, et de la manière d'intégrer des rituels quotidiens dans le code.

Le projet n'a pas encore de nom public, mais il a déjà une âme. Il est né d'un besoin de cohérence entre mes valeurs de développeur et mes besoins d'utilisateur.

Conclusion

Bâtir en local est un défi. C'est choisir le chemin difficile, celui qui demande d'optimiser chaque octet et chaque cycle CPU. Mais c'est le seul chemin vers une technologie qui nous sert au lieu de nous asservir.

Restez connectés, la première étape technique commence demain. Et vous, seriez-vous prêts à abandonner le confort du Cloud pour une souveraineté totale ? Partagez vos réflexions en commentaires.